Jour 284 - POESIE - 14 mai

Dans cette journée du chakra du cœur, au cœur de la semaine émotionnelle du Taureau, l’enseignement nous invite à redécouvrir la poésie comme un art sacré de manifestation. Bien au-delà du romantisme moderne, la poésie apparaît ici comme une science ancienne du Verbe, un moyen d’unir vibration, émotion et intention afin de transformer la réalité.

À travers le concept de Poiesis, l’action créatrice, et celui d’Autopoïèse, la capacité de se créer soi-même, ce jour nous rappelle que chaque mot prononcé porte une fréquence capable d’agir sur le monde.

La parole devient alors un pont entre l’âme et la matière.

Activations du jour

MOIS : Hol Sou – Taureau

Semaine : Emotionnelle

Chakra : Coeur

Vibration du jour : RRi

Affirmation : Je Suis Gardien du Cœur

Tâche : Près d’une plante, médite en position tétraédrique (position indienne), en silence, en écoutant : d’abord les sons extérieurs, ensuite ta respiration.

Clé : construire la sécurité de l’Âme.

Mantra : J'AI
Calibre le chakra correspondant à ce jour. (Minimum 5 minutes)

Code du jour :  ANIMAL = à partir du règne des protozoaires surgit le métazoaire, c’est-à-dire le règne animal, du latin anima, signifiant : « ce qui se meut ». Tous les organismes eucaryotes ayant atteint un développement sexuel, se nourrissant de l’énergie des autres règnes ou de leur propre énergie. Ici coexistent diverses branches de l’arbre de la vie : plathelminthes, nématodes, échinodermes, cnidaires, porifères, mollusques, annélides, invertébrés et vertébrés. Les âmes de ces règnes sont émotionnelles et enregistrent des informations utiles pour le mental universel.

L’enseignement du jour

Enseignement du jour

Matias révèle que la poésie n’était pas, dans l’Antiquité, un simple art romantique, mais un véritable outil de manifestation. Les anciens utilisaient les vers, les mantras et les incantations comme des structures vibratoires capables d’unir le ciel et la terre. Le Verbe était considéré comme créateur : prononcer un mot avec cohérence et intention permettait d’agir sur la réalité.

 

La poésie repose sur les mêmes principes que la musique : rythme, harmonie et mélodie. Dans le Verbe, cela devient vers, strophe et poème. Chaque syllabe, chaque sonorité et chaque rythme créent une structure énergétique capable d’imprimer une idée dans la conscience. C’est pourquoi les poèmes, les prières ou les chants sacrés ont traversé les civilisations : ils fonctionnent comme des fréquences de mémoire.

 

Mais la puissance des mots dépend de l’état intérieur de celui qui les prononce. Pour manifester, il ne suffit pas de parler : il faut devenir la vibration de ce que l’on exprime. La cohérence entre pensée, émotion, corps et intention donne sa force au Verbe.

 

Ainsi, la Poiesis conduit vers l’Autopoïèse : la capacité de se créer soi-même consciemment. Chaque être devient alors le poète de sa propre réalité, utilisant la parole comme un acte créateur aligné avec l’âme.

Citation


« La poésie est l’art de manifester le Verbe,

de faire que la pensée devienne parole, et que la parole manifeste une réalité. »


 

Alignement

Alignement du jour

Début de l'alignement sur la vidéo d'origine : ici

Asseyez-vous confortablement.
Fermez les yeux.
Concentrez-vous sur votre respiration.

Prenez conscience de l’espace autour de vous, du corps que vous habitez, de votre souffle.

Imaginez maintenant que tous les objets de cette pièce disparaissent progressivement : les murs, le plafond, le sol…

Jusqu’à ce qu’il ne reste que le vide, et vous au centre.

Observez un point dans ce vide.
Placez toute votre attention dessus.

Envoyez toute votre énergie vers ce point jusqu’à ce qu’il devienne une étincelle.

Cette étincelle grandit, devient un feu qui illumine tout et dont vous sentez la chaleur sur votre peau.

Reconnaissez que ce feu est le potentiel de votre âme.

Et à partir de ce feu, construisez votre foyer intérieur :

  • le foyer de votre âme,
  • le foyer de vos rêves.

Avec douceur, étendez ce feu autour de vous :

  • les murs,
  • les pièces,
  • le jardin,
  • les meubles.

Reconnaissez que chaque pièce correspond à un chakra.

  • La cuisine est votre cœur.
  • Le jardin représente vos intentions et vos projets.
  • Les murs sont vos os.
  • Les alentours sont vos jambes.

Puis mettez une intention dans chaque espace.

Transformez votre intention en mots, en sons.

Créez pendant que vous parlez.

Je suis gardien du cœur.
Gardien de ce feu et de ce foyer qui vivent dans mon cœur.

Avec mes mains, j’amène ce feu jusqu’à mon cœur.

Je possède.
Je possède.
Je possède.

Respirez profondément.

Et chacun, à son rythme, revient ici et maintenant.

Merci à tous d’avoir été présents une fois de plus.
On se retrouve demain, à la même heure, comme toujours.


Information : L’alignement peut être écouté dans la vidéo originale. Même si le langage vous échappe, les codes transmis par Matías se transmettent malgré tout, et vous en avez ci-dessus la compréhension en français.


Blog yosoy au coucher du soleil image pour le blog

Blog Yosoy - J284 - 14/05/2021

JE : Le Cœur embrasse sûrement l’un des plus beaux arts…


JE SUIS : Sans aucun doute. C’est l’un de ces arts que tout le monde connaît, et pourtant dont presque personne n’a réellement conscience.


JE : Lequel ?


JE SUIS :
Pourraient, de mes lèvres, être libérées
les notes d’un chant
qui, sans grand détour,
appartiennent à la vérité de mon cœur ?


JE : La poésie ?


JE SUIS : La poésie.


JE : Cela va être difficile à traverser en deux langues…


JE SUIS : Rien n’est impossible.


JE : Eh bien… Je comprends que la poésie est liée au cœur. C’est peut-être l’un des arts les plus subtils, les plus romantiques. Du moins, le monde la reconnaît ainsi. Quand nous disons « poésie », la première chose qui vient à l’esprit est le romantisme, l’expression des émotions envers un partenaire… Dans la culture actuelle, elle est associée à l’amour.


JE SUIS : Mais il faut savoir qu’il n’en est pas ainsi.
La poésie est la musique des mots, pour laquelle tu n’as pas besoin d’instruments, mais de tes pensées, de tes émotions et de ta voix. La poésie est une manière chantée de réciter les faits de la vie, les exploits des héros, de raconter les histoires des peuples, de décrire des situations communes de façon profonde.

Souviens-toi que le romantisme est apparu dans l’histoire, au XVIIIe siècle, comme une manière de décrire la vie quotidienne et naturelle des cultures héritées de Rome, à travers l’art de la peinture, de la musique, de l’architecture et de la poésie. La description de la vie, l’amour de la nature, ont enchanté les gens avec une manière de voir le monde davantage liée à la magie de l’instant heureux, à l’état rêveur dans lequel on se trouve lorsqu’on tombe amoureux…

C’est pour cela que la culture populaire a fini par voir la poésie comme une échappatoire amoureuse, en la reliant uniquement au romantisme des couples.


JE : Mais c’est là que tu vas détruire la magie, n’est-ce pas ?


JE SUIS : Je vais justement commencer par elle.
La poésie ne naît pas avec le romantisme, même si elle devient plus complexe à partir de cette époque.

Ses origines remontent très loin, aux premières cultures totémiques, qui utilisaient le Verbe comme moyen de manifestation. Les magiciens, les sorciers, les chamans… Mais je ne parle pas de ceux du Moyen Âge : je parle du monde antique, antérieur à l’Égypte et à la Mésopotamie, où la parole était utilisée comme une forme d’intention, et où l’on découvrit le pouvoir des mots dans la transformation des idées en matière.


JE : Les « sortilèges ».


JE SUIS :
Les mantras, les vers, les incantations, les sortilèges, les prières… Des phrases qui cherchaient à rendre visible l’invisible : l’alchimie du Verbe.

C’est ainsi qu’apparurent des vers décrivant les intentions et les outils à utiliser…


JE : « Abracadabra, pattes de chèvre », comme le dit l’expression populaire sur le ton de l’humour.


JE SUIS : Le mot « Abracadabra » vient de l’araméen Abra Kedavra, qui signifie : « Je crée pendant que je parle. »


JE : Le pouvoir du Verbe créateur…


JE SUIS : Cette ancienne incantation était une sorte de « Amen » pour les Anciens. Elle devint partie intégrante de fraternités comme les gnostiques. Son intention était de rappeler que la parole était créatrice, et que manifester un désir ou une volonté à travers le Verbe pouvait le rendre réel.

Cependant, la magie n’était pas si simple.


JE : Il fallait bien que ce soit compliqué…


JE SUIS : Comme nous le voyons depuis longtemps, la réalité est constituée d’une trinité sacrée appelée :

  • Vibration
  • Énergie
  • Matière

La matière ne peut exister que par l’échange d’énergie, et l’énergie ne se meut que grâce à la vibration des ondes qui composent les constantes du temps et de l’espace.

Autrement dit, pour que quelque chose devienne réel, cela doit être en accord, en cohérence et en résonance avec son énergie et sa vibration.

Cela nous mène au fait que, pour qu’une chose acquière de la puissance, elle doit entrer dans la métrique de l’Univers.


JE : Encore les mathématiques… la métrique.


JE SUIS : Cette métrique repose sur les mêmes bases que la musique :

  • un Rythme,
  • une Harmonie,
  • une Mélodie.

Tout ce qui vibre possède un rythme.
Toutes les énergies s’unissent harmonieusement.
Et ensemble elles donnent naissance à la matière qui crée la mélodie, c’est-à-dire ce que tu perçois.

La matière n’est rien d’autre qu’une perception de la logique produite par la combinaison de toutes les données du rythme et de l’harmonie, de la vibration et de l’énergie. Ainsi, la mesure de ce rythme à différentes fréquences, la mesure de cette énergie dans les vibrations, et la mesure de cette matière dans les quantités, déterminent une réalité spécifique. Tout cela pour te dire que, si tu veux manifester une réalité, tu dois te calibrer sur les métriques de vibration et d’énergie disponibles pour l’accomplir.


JE : Et comment fait-on cela ?


JE SUIS : En faisant entrer la parole dans la métrique de la vibration de l’espace et du temps, éveillant dans ses ondes l’énergie qui pousse à l’action.


JE : …Et en pratique, cela donnerait… ?


JE SUIS : La poésie.

De la même manière qu’en musique il existe le Rythme, l’Harmonie et la Mélodie, la trinité sacrée du Verbe est :

  • le Vers,
  • la Strophe,
  • le Poème.

=> Le Vers est la phrase initiale qui marque le rythme de tout ce qui sera écrit ou prononcé.

=> La Strophe est l’ensemble des vers qui, même avec des mots différents, conservent la même mesure et le même rythme que le vers initial. Elle devient ainsi l’harmonie, comme un accord en musique.

=> Et ensemble, ils forment le Poème :

  • la mélodie du Verbe,
  • le sens,
  • l’âme,

la construction du sujet.


JE : Donc la poésie était la manière dont les alchimistes de l’Antiquité alignaient la matière selon la vibration et l’énergie de l’environnement afin de la transformer. C’est pour cela que les sortilèges sont rythmés, qu’ils ont des rimes.


JE SUIS : Et cette rime se fonde sur les pulsations des fréquences. Les mathématiques.
En termes linguistiques, le rythme ne se mesure pas dans les fréquences d’une onde, mais dans les syllabes d’un vers. Chaque syllabe est comme une courbe concave et convexe dans l’onde du vers, avec son pic de haute fréquence sur l’accent du dernier mot.

  • Si le mot est aigu (accent sur la dernière syllabe), une syllabe supplémentaire sera ajoutée.
  • S’il est grave ou plat (accent au milieu ou sur la première syllabe), une syllabe sera retirée.

Il existe des vers appelés Vers mineurs, allant de deux syllabes jusqu’à huit syllabes ; et des Vers majeurs, de neuf à treize syllabes, plus un vers de quatorze syllabes appelé Alexandrin.

Cette mesure du vers doit être répétée dans les suivants afin de conserver le rythme et l’harmonie, même si leur ordre peut prendre différentes formes.

Malgré cette métrique, il existe des vers consonants et d’autres assonants, c’est-à-dire sans rime, mais dont la structure métrique reste parfaite.

Un poème n’a pas toujours besoin de rimer, mais il doit conserver une cohérence métrique.

Malgré cela, l’auteur peut s’accorder une « licence métrique », c’est-à-dire produire des transformations dans les mots comme :

  • la synalèphe (union de deux voyelles entre la fin d’un mot et le début d’un autre pour former une seule syllabe),
  • son opposé, le hiatus (séparation de deux voyelles qui sonnent normalement comme une unité),
  • la diérèse (placer un tréma sur une voyelle qui formerait normalement une diphtongue mais qui ne convient pas à la métrique),
  • ou son opposé, la synérèse, qui consiste à supprimer cette séparation.

​​​​​JE :
Donc ce n’est pas simplement s’asseoir et faire rimer des mots qui se ressemblent…
Il y a beaucoup plus derrière tout cela pour que cela fonctionne…


JE SUIS :
Dans le romantisme, la métrique était liée à la beauté sonore et à la beauté de la lecture ; mais dans l’Antiquité, elle était liée à la manifestation.

Ainsi, lorsque nous pensons à la magie, nous nous rappelons immédiatement des vers prononcés par des sorcières et des magiciens, possédant souvent une rime, un chant naturellement intégré à la parole.

À l’époque hellénique, les incantations devinrent des odes aux héros et aux dieux, racontant des batailles ou des exploits, qui n’étaient pas toujours liés à l’amour, mais à la guerre, aux conflits et aux tâches accomplies par ceux qui marquèrent l’histoire et devinrent légendes et mythes.

De cette manière, une histoire chantée était beaucoup plus facile à retenir.

Tout comme une chanson devient entraînante grâce à son rythme et sa mélodie, un poème garde une histoire dans ton esprit.


JE : Pourquoi cela se produit-il ?


JE SUIS :
Parce que, comme nous l’avons déjà expliqué, ton cerveau interprète le monde extérieur à travers des impulsions rythmiques qui sont regroupées dans ton système neuronal par résonance.

Par exemple, si tu vois la nuit, ton cerveau associera des données similaires :

  • obscurité,
  • ombre,
  • peur,
  • noir,
  • profondeur,
  • vide,
  • sommeil.

Et pour assimiler cette information, il déclenchera une réaction chimique produisant l’émotion adéquate afin que cette information s’imprime en toi.

C’est pourquoi les chansons qui trouvent la métrique parfaite alignée avec les pulsations du mental restent coincées dans ta tête, même lorsque tu ne le veux pas.

La même chose se produit avec les idées transmises par la poésie, puisque son chant rythmique utilise les rimes et la métrique mathématique des syllabes pour faire entrer des idées dans ton esprit.

C’est ce que les Anciens utilisaient pour :

  • hypnotiser,
  • bénir ou maudire,
  • lancer un sort.

Et plus tard, cela fut utilisé pour soutenir des slogans religieux ou politiques, puis également économiques et commerciaux.


JE : Des phrases qui riment ou possèdent un pouvoir capable de rester dans le cerveau comme une graine dans la terre.


JE SUIS : Exactement.

La poésie n’est donc pas une simple lecture romantique, mais un puissant outil de magie et de révolution.

Un art de transformer les réalités.

Et c’est pour cela qu’elle porte ce nom.


JE : Que signifie « poésie » ?


JE SUIS : Cela vient du mot grec Poiesis, qui signifie : « la qualité de l’action de faire ».


JE : Donc le nom lui-même nous dit que son objectif est de mettre quelque chose en action, de le rendre réel.


JE SUIS : Le verbe grec Peio / Peiein est utilisé pour désigner une action concrète : créer ou faire quelque chose.

Le suffixe -sis indique l’action.

C’est donc l’action de faire quelque chose.

Et avec le suffixe de qualité -ía, cela donne Poiesía : la qualité d’agir pour faire ou créer quelque chose.

Ainsi, la poésie est l’art de manifester le Verbe, de faire que la pensée devienne parole, et que la parole manifeste une réalité.


JE : C’est le sortilège parfait…


JE SUIS : La Poiesis nous amène à comprendre qu’il s’agit d’une qualité innée de l’âme : l’action de créer, de produire quelque chose de naturel à chacun. La nature possède la qualité fondamentale de l’Autopoïèse, qui fait référence au fait qu’un organisme se construit lui-même. Contrairement aux idéologies affirmant l’existence d’un créateur extérieur qui nous aurait conçus, la nature nous montre clairement comment chaque être se crée lui-même.

Et comment, après des millions d’années, nous n’avons observé que le processus autopoïétique de l’Univers se multipliant lui-même, produisant depuis son intérieur une action qui le conduit à se créer lui-même.


JE : Waouh… La Création de l’Univers est la plus grande des poésies.


JE SUIS : Et ainsi, toi aussi tu peux créer un nouvel univers, une nouvelle réalité à travers ta poésie, si tu es capable de te créer toi-même. Découvre en toi le pouvoir poétique, le poète qui vit dans ton être. Manifeste l’esprit dans la matière à travers la parole.


JE : Je suis la poésie de l’univers, je suis le poète de ma réalité ?


JE SUIS : Tu es un Verbe en expansion, une manifestation du cosmos ; un chant résonne dans ton esprit, et conduit ton cœur à s’unir.


JE :
Je suis l’enfant du vide,
heureux d’être arrivé
dans ce monde tant désiré ;
traversant l’espace et le temps,
je me suis éveillé à ma mémoire :
voyageur, vagabond
de l’univers originel…

Face à la grandeur de ce fleuve,
je souris à ma vérité reconnue.


JE SUIS :
Fais de tes mots les clés de la création ;
que la vie fasse résonner ton grand chant.

Tu es son et chanson,
tu es le manteau de mon âme.

Découvre-moi dans ton cœur,
et j’allumerai le feu dans ta poitrine.

Étendant la joie
à travers la poésie.


JE : Je Suis Gardien du Cœur…


JE SUIS : Je Suis le Sens de la Raison…


JE : Car c’est moi qui bats.


JE SUIS :
Et celui qui bat, Je Suis.

Écris ta poésie,
et écris la magie de ton monde.


JE : J’écrirai et prononcerai les verbes qui créent mon monde.


JE SUIS : « Äbra Kadavra ».


Video explicative

Transcription de la vidéo - J284 - 14/05/2021

Dans cette vidéo, Matias explique le message du blog et approfondit la compréhension du blog.

Bonjour à tous, comment allez-vous ?
Bonjours, bonsoirs, bonnes nuits selon l’endroit où vous êtes.

Je ne sais pas si vous l’entendez, mais il y a des mariages partout en ce moment à cause des fêtes, alors on entend la musique de tous les côtés. J’espère que cela ne vous dérange pas trop.

Aujourd’hui, nous sommes dans le chakra du cœur, dans la semaine émotionnelle du Taureau. C’est un jour intéressant, un beau jour, en lien avec le thème d’aujourd’hui : la poésie, l’un des principaux arts que nous allons travailler dans le développement de l’âme.

En parlant de mariages et de poésie, je voulais commencer cette journée en vous lisant un poème. Ce n’est peut-être pas mon plus grand talent, mais j’aimerais que vous écoutiez attentivement avant de tirer des conclusions, car derrière ce poème se cache un message bien plus profond.


Le poème

Mon bien-aimé, amour de mon cœur,
ton charme est doux, doux comme le miel.

Tu m’as captivée librement,
et vers toi, mon bien-aimé, je veux m’échapper.

Avec toi dans le lit,
tu m’as captivée librement.

Vers toi j’irai, mon amour,
je veux m’échapper avec toi dans le lit.

Mon bien-aimé, je te ferai des choses délicieuses,
doux trésor de miel.

Je t’emmènerai dans la chambre parfumée de miel,
jouissons de ton doux charme.

Parle à ma mère, et elle t’offrira des délices.
Parle à mon père, et il t’offrira des cadeaux.

Je sais comment te donner du plaisir.
Dors dans ma maison jusqu’à l’aube.

Je sais comment réjouir ton cœur.
Dors dans ma maison jusqu’à l’aube.

Si tu m’aimes, mon bien-aimé,
fais-moi des choses délicieuses.

Mon seigneur, mon dieu, mon protecteur,
toi qui réjouis mon cœur.

Puisse-tu me faire des choses délicieuses,
toi dont le charme est doux comme le miel.

Puisse ta main se poser sur le lieu sacré,
comme un précieux ornement.


Ce poème est considéré comme le plus ancien poème du monde.

Il a environ 4 500 ans et a été découvert dans une région de l’actuelle Turquie. Son auteur est inconnu.

Il décrit ce qu’on appelait le « mariage sacré », l’union entre la déesse du ciel Inanna et le dieu de l’agriculture. Ce texte parle de l’union entre les eaux du ciel et la fertilité de la terre : le moment où descend le miel, le liquide sacré, pour féconder la terre et préparer la nouvelle récolte.

Tout cela était décrit sous forme de consommation sexuelle, car à cette époque la sexualité était profondément liée au sacré.

Dans la réalité, cette union était représentée par un roi et une prêtresse d’Inanna. Pendant leur union sexuelle, destinée à unir le spirituel et le terrestre pour assurer la prospérité de la nouvelle année, ce poème était récité. Ce qui est intéressant, c’est que le plus ancien poème du monde est un poème d’amour, mais il ne servait pas seulement à parler d’amour romantique. Il avait un objectif beaucoup plus grand : apporter la fertilité à la terre et la prospérité à toute la civilisation.


C’était un véritable sortilège.

Les mots avaient un but précis : unir le ciel et la terre à travers ce mariage sacré afin de manifester dans la matière une idée plus subtile.

Dans l’Antiquité, les poèmes n’étaient pas utilisés de manière romantique comme aujourd’hui. Ils étaient utilisés comme des mantras, des constructions verbales destinées à manifester quelque chose. Les mots étaient considérés comme capables de créer une réalité.

J’ai écrit aujourd’hui dans le blog à propos du mot « Abracadabra ». Nous l’avons tous entendu dans notre enfance, comme une formule magique de sorcière. Mais ce mot avait autrefois une véritable signification spirituelle.

Avant toute cérémonie, tout rituel ou tout sortilège, on disait : « Abracadabra ».

Cela signifie essentiellement :
« Que ce que je dis se crée. »
« Que cela se manifeste pendant que je le prononce. »

C’est une formule de manifestation.


Le mot « poésie » vient du grec poiesis, qui signifie « action de faire », « créer ».

Ainsi, la poésie est l’action de manifester quelque chose.
Dire quelque chose et faire en sorte que cela arrive.

La poésie est donc un sortilège.

Voilà ce qu’il est important de comprendre à propos de la poésie ancienne, bien avant le romantisme du XVIIIe siècle.

Le concept de poésie est la capacité qu’a l’univers de créer. Tout peut être manifesté.

Dans les traditions anciennes, la création surgit à travers le Verbe. « Et Dieu dit : que la lumière soit. »

Le Verbe est ce qui permet de manifester.

Nous devenons alors des êtres capables de créer avec les mots.

L’univers lui-même est une grande poésie. La création entière est un poème.

Le Verbe est vibration.
Le Verbe est énergie en mouvement.

C’est pourquoi la poésie fonctionne selon les mêmes lois que la musique.


Toute vibration se divise en trois :

  1. le rythme,
  2. l’harmonie,
  3. la mélodie.

En musique, cela correspond à vibration, énergie et matière.

La vibration génère l’énergie, qui ensuite donne naissance à la matière.

Ainsi, le Verbe pose une intention afin de se manifester.


Quels outils avons-nous pour créer une vibration capable de générer une énergie et de manifester quelque chose ?

  1. Le premier outil est notre voix. Notre propre voix est ce qui génère le chant, la musique, et permet de faire passer notre monde intérieur dans le monde extérieur.
  2. L’énergie est l’action. Mettre une intention en mouvement.
  3. La matière, elle, est l’objectif.

Nous avons donc :

  • la voix,
  • l’action,
  • l’objectif.

Et cela devient la trinité sacrée de la poésie :

  • le vers,
  • la strophe,
  • le poème.
  1. Le vers est comme le rythme, la vibration initiale.
  2. La strophe est l’harmonie entre plusieurs vers.
  3. Le poème est l’ensemble cohérent.

​​​​Dans l’Antiquité, un vers chargé d’intention, combiné à une harmonie vibratoire, permettait de manifester une réalité.

C’est ainsi que naissaient :

  • les mantras,
  • les bénédictions,
  • les malédictions.

Bénir signifie « dire le bien ».
Maudire signifie « dire le mal ».

Mais attention : il ne suffit pas de dire quelque chose pour que cela arrive.

Pour qu’une parole manifeste réellement quelque chose, il faut entrer dans l’état vibratoire correspondant.

Il faut devenir cette vibration.

Si l’environnement vibre haut et que nous envoyons une vibration basse, celle-ci sera transformée.

La parole doit être cohérente avec l’être.

C’est pourquoi les anciens se préparaient avant de prononcer des paroles sacrées. Ils cherchaient à aligner leur esprit, leur âme et leur corps afin que leurs mots aient du pouvoir.

Une personne désalignée est comme un bâtiment sans fondations : sa parole manque de force.

Le même mantra peut avoir un immense pouvoir ou n’en avoir aucun, selon la stabilité intérieure de celui qui le prononce.

Car la parole surgit de la personne.


L’origine de la poésie est donc la capacité de créer des réalités à partir du pouvoir intérieur.

C’est pour cela que l’on enseignait autrefois à prononcer les mots depuis son axe intérieur.

À travers la parole juste, on pouvait :

  • influencer les peuples,
  • changer le climat,
  • préparer des remèdes,
  • guider des nations.

Tout cela à condition d’être profondément centré.


Chaque lettre est comme une clé ouvrant une porte.

Mais si je ne sais pas tourner la clé, ni quelle porte elle ouvre, cela ne sert à rien.

La poésie est ensuite devenue :

  • un moyen d’intégrer le spirituel dans la matière,
  • une façon de raconter les histoires des dieux,
  • puis les histoires des héros,
  • puis l’amour divin,
  • ensuite la beauté humaine et la beauté du monde.

Après la Renaissance, la poésie a commencé à parler :

  • des émotions humaines,
  • des relations,
  • des désirs,
  • des révolutions.

C’est là qu’est né le romantisme.

Mais même alors, la poésie restait un outil de transformation et de révolution, car le Verbe créateur possède du pouvoir.


Aujourd’hui, sur le chemin de la conscience, nous nous rappelons que notre Verbe peut créer, mais seulement si nous nous connaissons profondément nous-mêmes.

C’est ce que nous appelons l’autopoïèse : la capacité de se créer soi-même. Humberto Maturana parlait de l’autopoïèse comme d’une clé du développement universel :

L’univers se crée constamment lui-même. 
Il n’existe pas de créateur extérieur séparé.
L’univers est le grand poème vivant qui s’écrit lui-même.

Ainsi, nous pouvons désormais voir la poésie autrement :

  • comme un outil de création,
  • comme un mantra,
  • comme une action créatrice.

Et sur notre chemin du « Je Suis », cette capacité créatrice nous mène à découvrir la vérité en nous-mêmes.

Nous passons alors de la poiesis ancienne à l’autopoiesis.


 

 

Vidéo source : 

Date de dernière mise à jour : 13/05/2026

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