JE : Aujourd’hui, je me demandais ce qu’est le Pouvoir.
JE SUIS : Et es-tu arrivé à une conclusion ?
JE : Eh bien, le Pouvoir est le nom du verbe « pouvoir faire quelque chose ». Cela signifie qu’avoir du pouvoir, c’est reconnaître en soi la capacité de dire «je peux», la capacité d’agir par soi-même. Cependant, sur Terre, dans la société, ce n’est pas la même chose.
JE SUIS : Dans les sociétés, le Pouvoir est interprété comme le fait d’être au-dessus des autres, d’avoir du pouvoir sur les autres.
JE : Oui, cela a surtout une connotation négative, qui parle davantage de contrôle que de la capacité d’agir en soi.
JE SUIS : Les humains sont les seuls animaux conscients de leurs dons et de leurs capacités. Ils ont donc pu manipuler des outils qui, pour les autres animaux, ne sont que des actions instinctives. Cette prise de conscience leur a permis de prendre le contrôle de leurs potentialités, et donc de leurs outils.
Ainsi, ils pouvaient tout faire. À l’aide d’un bâton, d’une pierre, d’un mortier, d’une charrue, d’un marteau et de clous, mais aussi grâce à la chimie, l’écriture, l’architecture, la musique, l’art, la science et la technologie, les outils sont devenus de plus en plus complexes. L’humain a compris qu’il pouvait créer de nouvelles réalités, car il possédait le potentiel et le pouvoir sur l’outil.
Mais à mesure que la population augmentait, les outils ne suffisaient plus, et un seul humain ne pouvait pas accomplir tout le travail. Alors l’un de ces sages a commencé à enseigner aux autres comment utiliser les outils, partageant la connaissance et transmettant le pouvoir.
Plus il y avait de personnes, plus il y avait de mains, plus il y avait de potentiel, et donc une plus grande capacité de création. Cependant, les anciens ont commencé à voir les autres humains comme des outils : travailleurs, guerriers, sujets, esclaves ou employés. Les personnes sont ainsi devenues des outils avec lesquels faire des choses, et sur lesquels exercer un pouvoir.
JE : Utiliser une personne comme un outil, comme un marteau ou un clou…
JE SUIS : Exactement. C’est ainsi que s’est construit le sens du Pouvoir actuel. Être au pouvoir ne te rend pas puissant, ni capable, ni sage. Cela fait simplement de toi quelqu’un qui sait utiliser les autres comme des outils. Quelqu’un qui « peut » utiliser les gens.
JE : Jusqu’à ce que les gens se libèrent, se révolutionnent et luttent pour leur liberté, en comprenant qu’eux aussi peuvent.
JE SUIS : Et c’est là qu’ils commettent la même erreur.
JE : Laquelle ?
JE SUIS : Au moment de la révolution, lorsque les outils (le marteau, le clou, le ciseau…) chassent le constructeur, tout commence à se désorganiser. Car chacun a été formé pour être ce qu’il est, et ne sait pas être autre chose. Aucun ne sait être le constructeur. Alors la lutte pour le pouvoir mène au chaos, jusqu’à ce qu’un nouveau constructeur apparaisse pour redonner sens et direction.
JE : Cela signifie donc que la lutte pour le pouvoir est constante ?
JE SUIS : Elle l’est si le pouvoir recherché est celui que possède l’autre. Rois, reines, empereurs, dirigeants cherchent à posséder le pouvoir. Le peuple, lui, n’a pas été éduqué à avoir du pouvoir, mais à être sous le pouvoir, à être un outil.
Le problème n’est pas de voir quelqu’un comme un outil, mais de croire que tous les outils sont identiques. Si chacun ne découvre pas son véritable pouvoir intérieur, alors après chaque révolution, un nouveau « constructeur » reprendra le pouvoir.
JE : Il existe donc deux formes de pouvoir : celui qui révèle notre capacité intérieure, et celui qui nous pousse à utiliser les autres.
JE SUIS : Et ce sont les deux faces d’une même pièce. Une société sans pouvoir n’existe pas. L’humanité a besoin de pouvoir, mais elle doit comprendre sa véritable nature : la capacité de créer, et de permettre à chacun de reconnaître son potentiel unique au service du tout.
De cette conscience naît un pouvoir bien plus grand : la liberté créative des êtres autonomes.
JE : Ainsi, les outils cessent d’être des outils pour devenir des créateurs.
JE SUIS : C’est ce qu’on appelle "l’empuissance", c’est-à-dire l’éveil du pouvoir intérieur. L’empuissance ne consiste pas à prendre le pouvoir de l’autre, mais à éveiller en soi la capacité d’agir en autonomie, en harmonie avec les autres. Le véritable pouvoir naît lorsque l’on aide les autres à réveiller le leur. C’est ce que vous appelez le leadership.
JE : Pourquoi le leadership est nécessaire ?
JE SUIS : Parce que vous êtes des mammifères. Dès la naissance, vous suivez des figures de référence. Dans toute migration, un guide est nécessaire. On l’a appelé père, chaman, roi, leader… aujourd’hui politicien. C’est naturel, et ce n’est pas mauvais en soi.
JE : Mais le pouvoir hiérarchique nous fait souffrir.
JE SUIS : Alors pourquoi ne l’avez-vous pas transformé depuis 20 000 ans ?
JE : Parce qu’un nouveau système de domination apparaît toujours.
JE SUIS : Parce qu’un pouvoir n’existe que si d’autres lui cèdent leur propre pouvoir. Si un système de contrôle existe, c’est que les individus n’ont pas éveillé leur pouvoir intérieur. Il y a deux facteurs : l’absence de responsabilité face à son propre pouvoir, et la nature instinctive qui pousse à suivre un leader.
Il n’y a pas « eux » et « nous ». Vous êtes tous humains, encore en apprentissage de votre propre pouvoir intérieur.
JE : Comment sortir de ce cycle ?
JE SUIS : En éduquant les êtres à réveiller leur pouvoir intérieur. L’éducation actuelle donne des outils pour devenir des outils. Mais la connaissance et la sagesse ne se transmettent pas : elles s’éveillent. Active le potentiel individuel, et il servira naturellement le collectif. En quelques générations, une humanité consciente émergera.
JE : Et qui gouvernera ?
JE SUIS : Les êtres conscients et sages. Ceux qui guident sans dominer.
JE : Il faut donc transcender la phase mammifère.
JE SUIS : Évoluer. Prendre le pouvoir inconsciemment, c’est contrôler. Être le pouvoir consciemment, c’est guider.
JE : Mais cela prend du temps…
JE SUIS : Et qu’as-tu d’autre à faire avant ?
JE : Survivre…
JE SUIS : Voilà le plus grand obstacle : le besoin de survivre. C’est à travers ce besoin que les systèmes contrôlent. Punition et récompense. Cela maintient la société, mais empêche l’émergence d’une véritable civilisation.
La société vise à survivre.
La civilisation vise à évoluer.
JE : Je me souviens qu’autrefois, les dirigeants devaient être intérieurement préparés.
JE SUIS : C’est cela, un être au pouvoir intérieur éveillé : aligné, cohérent, équilibré intérieurement et extérieurement.
Le monde actuel connaît les formes du pouvoir, mais pas son essence.
Le véritable défi est de dépasser les divisions et de revenir à l’essentiel : l’Humanité.
JE : Donc ceux qui réveillent leur pouvoir intérieur permettront l’évolution.
JE SUIS : Et pour cela, tu dois t’empuissancer, réveiller ton propre pouvoir intérieur.
JE : Je peux.
JE SUIS : Je suis le Pouvoir.
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