MOI : Ce qui s’est passé hier a été très libérateur pour moi, et je t’en remercie. Je ne me suis jamais senti aussi cohérent. Être un avec les autres, d’égal à égal, parler des choses qui nous dérangeaient les uns chez les autres, des choses magnifiques que nous voyions les uns en les autres, nous honorer mutuellement pour être des miroirs avec nos différences, et pouvoir reconnaître que je tombais amoureux de moi-même en étant capable de ressentir cet amour avec tout le monde. Hier, j’ai senti que je me libérais de grands fardeaux et de grands poids, et que c’était un jour de renaissance, où toute la force s’est soudainement déposée dans le présent. Merci.
JE SUIS : Merci de me permettre de découvrir ce dont je suis capable.
MOI : Ce qui m’a émerveillé, c’est la manière dont le mélange de canalisation, de rires, de voyage, de partage, de conflit, d’histoire, d’amour, d’organisation, d’émotion et d’idées, enveloppé dans l’amitié et le transcendantal, a parfaitement fonctionné, dans une symbiose incroyable.
JE SUIS : Intelligence. C’est cela, l’Intelligence.
MOI : Pourquoi ?
JE SUIS : Ce sont les différents neurones, chacun avec une spécialité différente, qui s’unissent pour donner naissance à de nouveaux résultats.
MOI : J’ai toujours pensé que l’Intelligence concernait la connaissance, c’est-à-dire la capacité de comprendre les choses, de savoir résoudre des questions mentales.
JE SUIS : Les gens relient habituellement l’intelligence à l’étude, à la capacité d’assimiler des données extérieures. Et dans bien des cas, chacun se sent très loin de cela, car il perçoit comme intelligent celui qui a réussi à comprendre davantage de choses.
MOI : Et ce n’est pas le cas ? À l’école, on nous disait toujours que l’un ou l’autre était plus ou moins intelligent : « fais comme untel, qui est intelligent », ai-je entendu certains professeurs dire, parce qu’il réussissait tous ses examens et que tout était parfait…
JE SUIS : Et… cet untel est-il allé loin avec cela ?
MOI : De mon point de vue, non. Parce qu’il a ensuite eu une vie très confuse et dépressive, travaillant dans des choses simples, mécaniques, où ses capacités n’étaient pas requises.
JE SUIS : L’Intelligence ne repose pas sur le fait de savoir, mais sur la capacité de relier les choses. Intelligence vient du latin intra legere, c’est-à-dire « lire entre », et fait référence à l’acte de savoir lire entre les lignes, de relier différents points.
MOI : Cela me rappelle un mème que j’ai vu un jour, dans lequel la Connaissance était expliquée par une image simple : des points sur une feuille ; l’Expérience comme un dessin schématique qui relie ces points ; la Créativité comme une forme fluide de ces données dispersées ; et la Sagesse comme un réseau interconnecté.
JE SUIS : Hier, nous avons parlé des Âmes Sœurs. Pense, par exemple, à la vision des âmes depuis la Connaissance. Là, tu verras qu’il existe de nombreuses âmes, séparées, et que chacune est unique, avec une spécialité, une capacité, un ego, et donc compréhensible uniquement par ses différences, qui peuvent être regroupées par catégories.
Dans l’Expérience, la connexion entre les personnes, les âmes, de différentes catégories, aide à tracer des chemins de résolution de conflits, ce qui perfectionne l’interaction des individus et donne de nouvelles qualités.
Dans la Créativité, il est nécessaire d’ouvrir l’esprit : tu ne peux pas donner à chaque âme, à chaque être ou objet, le rôle attendu ou établi par la connaissance, car la créativité implique de penser hors du cadre, d’ouvrir les capacités afin d’élargir l’imagination, où quelque chose qui, pour la connaissance, appartient à un groupe spécifique, est utilisé dans un lieu ou une situation inattendue pour découvrir quelque chose de totalement transcendant par rapport à ce qui précédait.
Et bien sûr, dans la Sagesse, tout le reste est intégré, car elle ne se ferme à rien, comprenant les données, leurs expériences et leurs possibilités infinies, sans suivre d’étapes ni de règles, et pourtant, en façonnant les siennes propres.
MOI : Je comprends… Donc, là, l’intelligence se trouve en chacune d’elles, mais surtout dans la capacité d’être sage à propos de quelque chose…
JE SUIS : La Sagesse est une clé pour comprendre l’Intelligence, car cette dernière implique la capacité de relier des données en dehors de l’établi, au-delà des lignes et des mots. Elle peut voir au-delà de ce qui est écrit, de ce qui est enregistré, et bien davantage est observé que ce qui est montré.
MOI : Il y a quelques années, je suis tombé amoureux d’un Gémeaux qui savait beaucoup de choses, philosophe par nature, amoureux de la lecture, de la connaissance. Il aimait apprendre. Et moi, je suis fasciné par les personnes qui savent beaucoup de choses. Je suis tombé amoureux en l’écoutant, en voyant comment il pouvait entrelacer la connaissance avec la lecture. J’ai rarement terminé un livre dans ma vie, et ceux que j’ai terminés ne portaient pas sur la connaissance, mais étaient des romans émotionnels. Lui, à un jeune âge, avait lu tous les philosophes, et à chaque conversation, il était capable de les citer, apportant leurs visions à nos discussions profondes. Je ne m’étais jamais senti aussi amoureux…
JE SUIS : L’amour pour celui qui sait. Au-delà du corps, ce qu’une âme cherche, c’est à se nourrir, à remplir émotionnellement les vides neuronaux qui réclament sans cesse l’attention des données extérieures. L’âme se nourrit de mots, de données, reçues par les cinq sens, provoquant l’extase dans le cerveau, un orgasme pour l’être qui cherche la transcendance. Une sorte de sapiosexualité. Cela pourrait-il définir ceux qui ont les Gémeaux présents dans leur thème ?
MOI : Mais je n’ai les Gémeaux nulle part…
JE SUIS : Seulement à un endroit : en Chiron. L’astéroïde du karma, du conflit à résoudre. Là, les Gémeaux te parlent de la transcendance de la connaissance, du fait d’affronter la blessure la plus profonde de ces mots qui ont déterminé ta vie : « Tu es intelligent. »
MOI : Oh, c’est vrai, tout le monde m’a toujours dit que je suis intelligent, mais je ne me suis jamais senti intelligent. Depuis que je suis enfant, depuis mes cinq ans, je me souviens que les gens disaient : « cet enfant est très intelligent, il sait beaucoup de choses, il apprend vite ». Pourtant, je remarquais à quel point il m’était difficile d’apprendre, et en allant à l’école, je ressentais la pression de ces mots, alors que je ne les ressentais pas.
JE SUIS : Pourquoi crois-tu que tu ne te considères pas intelligent ?
MOI : Parce que lorsque je vois les autres, tout ce qu’ils savent sur un sujet ou un autre, tout ce qu’ils ont étudié, les livres qu’ils ont lus, leur capacité à citer des sources, à faire des calculs, à connaître la science, à connaître des auteurs, je me rends compte que cela me manque, et je l’admire chez l’autre. Et cela réveille en moi l’amour, cette force qui me pousse à m’unir à l’autre, à me compléter…
JE SUIS : C’est pour cela que tu es tellement tombé amoureux de lui, entre autres choses : la sensation qu’il complète ton âme, le remède qui guérit ta blessure. Ne pas croire que tu es intelligent.
MOI : C’est pour cela que je cherche à tomber amoureux de l’intelligent… De l’être changeant, libre, qui aime le livre plus que moi…
JE SUIS : La blessure de se sentir inintelligent a construit sur ce mot un poids émotionnel qui t’attache à la recherche de paraître intelligent. Pourtant, tu portes cette idée dans le Mental, alors que l’intelligence englobe bien plus.
MOI : Bien plus comment ?
JE SUIS : En 1983, le psychologue Howard Gardner, en étudiant les capacités cognitives de l’être humain, est parvenu à établir que l’Intelligence ne se résume pas à l’accumulation de données mentales et au développement de stratégies, mais que l’on peut identifier jusqu’à douze types différents d’intelligences.
MOI : Douze ? Lesquelles ?
JE SUIS : Allons-y une par une.
- La première est l’Intelligence linguistique-verbale : comme son nom l’indique, c’est la capacité que certaines personnes possèdent en lien avec la communication, que ce soit dans les langues, le langage verbal, non verbal ou écrit.
- La deuxième est l’Intelligence logico-mathématique : elle intègre la capacité à résoudre des problèmes au niveau numérique, logique et du raisonnement déductif. En raison de ses multiples usages dans la vie en général, du marché à l’architecture, cette intelligence est l’une de celles qui ont été considérées depuis l’Antiquité comme essentielles pour définir une personne intelligente, appliquée à la physique, à la chimie, à la construction et à la science.
- La troisième est l’Intelligence spatiale, qui implique la capacité d’être conscient des objets et des lieux qui nous entourent. Elle permet de créer des cartes mentales, des images générales, des planifications, en leur donnant une profondeur d’espace, et rend possible le développement du potentiel artistique, sculptural et architectural, ainsi que la photographie, le dessin et le design en général.
- La quatrième Intelligence est Musicale. Elle se manifeste chez ceux qui ont la capacité d’interpréter et de mémoriser des sons, d’identifier les harmonies, de pouvoir concevoir leur propre musique, de s’adapter aux sons de l’environnement, à la créativité musicale et à l’usage de divers instruments.
- L’Intelligence corporelle-kinesthésique se démontre dans la capacité d’un individu à avoir un contrôle complet de son corps, de chacun de ses mouvements. Coordination, équilibre, dextérité dans la manipulation d’outils et d’objets : ces personnes appliquent leur intelligence surtout dans les sports et les danses.
- La sixième est l’Intelligence intrapersonnelle, qui manque à beaucoup, et qui est la capacité de comprendre ses propres émotions, son monde intérieur, de fermer les yeux et de découvrir ce qui vit à l’intérieur, de pouvoir le gérer, se comprendre soi-même, ce qui conduit à la connexion spirituelle, à la méditation et à la maîtrise de soi.
- L’Intelligence interpersonnelle est celle qui possède une certaine empathie envers les autres, capable de saisir les différents états d’esprit d’autrui, de capter l’information non verbale, et de se connecter aux besoins des autres.
- En poursuivant la liste, nous trouvons l’Intelligence naturaliste, qui rend sensible à la nature, capable d’interpréter facilement le monde animal et végétal, ainsi que minéral. Ces personnes n’ont pas besoin de connaître beaucoup de choses sur la nature pour la connaître et la sentir en profondeur. Cela inclut les biologistes, vétérinaires, botanistes, chamans et thérapeutes naturels en tant que défenseurs de celle-ci.
- La neuvième est l’Intelligence existentielle, celle que tu connais bien. La facilité de pouvoir poser de grandes questions, d’incarner la philosophie ; quelque chose que tout le monde ne possède pas facilement, et qui exige une grande amplitude mentale, de la flexibilité et l’habileté de changer de pensées, de schémas. Elle est donc liée à la psychologie et à la spiritualité, aux philosophes et aux libres penseurs.
- L’Intelligence créative appartient à ceux qui, avec une grande agilité, peuvent éveiller des idées à chaque instant, innover à chaque pas, proposer de nouvelles idées de différentes sortes, devenant entrepreneurs.
- L’avant-dernière Intelligence est l’Intelligence émotionnelle. Elle s’éveille chez les personnes qui possèdent une grande maîtrise d’elles-mêmes par rapport à ce qu’elles ressentent, et qui savent interpréter ce que les autres ressentent. Elles sont donc très douées dans les relations sociales et dans la gestion des émotions d’un groupe, ainsi que des leurs.
- Et enfin, la douzième Intelligence : la Collaborative. Elle appartient à ceux qui ont une grande agilité dans le travail d’équipe, dans le fonctionnement en groupe, dans la résolution de problèmes et l’atteinte d’objectifs communs. La personne devient une partie essentielle du groupe, et elle est parfaite pour les actions en réseau.
MOI : Je me suis identifié à plus d’une de ces descriptions.
JE SUIS : Parce que l’Intelligence est un réseau, une capacité organique, non linéaire, dans laquelle elles interagissent entre elles. Personne ne peut être intelligent dans un seul de ces aspects. Chacun a besoin et possède un peu de chacune, peut-être 1 % de certaines, mais un grand pourcentage d’autres. La capacité de l’intelligence est de pouvoir identifier dans laquelle tu te trouves et comment la combiner avec les autres.
Et là, l’intelligence doit être aimante, en reconnaissant les capacités de l’autre autant que les tiennes. Personne n’est complètement intelligent, car l’intelligence est un réseau de sages qui, dans l’interaction, génèrent la Sagesse.
MOI : Alors… je devrai guérir ma blessure, et m’accepter comme intelligent, cesser de me dévaloriser, arrêter de chercher l’amour chez ceux qui savent, pour être amour avec ceux qui savent.
JE SUIS : Et alors seulement tu trouveras la grande toile de la Terre. Reconnaître l’intelligence de chaque individu est la clé de la société du futur.
MOI : Ontocratie… Le réseau des sages, où chaque intelligence interagit sans avoir besoin d’intermédiaires partisans.
JE SUIS : Là où l’amour pour la connaissance pèse plus que les idéologies autour de la connaissance.
MOI : Je m’accepte donc comme intelligent à ma manière, et je place mon intelligence au service des autres.
JE SUIS : C’est cela, former un réseau intelligent : celui qui sait se lire et se comprendre lui-même…
MOI : Je suis intelligent !
JE SUIS : Reconnais-le, et relie les parties qui construiront le Nouveau Monde.