JE : Je me suis réveillé aujourd’hui en pensant à ce que l’on pouvait encore tirer de l’image de cet Arbre de Vie au-delà des racines. Puis je suis allé prendre le petit-déjeuner, et sans rien demander, une femme m’a rempli l’assiette d’énormes pommes de terre.
JE SUIS : Et tu les as mangées.
JE : Bien sûr… Mais c’est là que j’ai compris le thème d’aujourd’hui. Le plus intéressant, c’est qu’en les mangeant, je pensais : que peut-on tirer d’une pomme de terre ? À part l’amidon…
JE SUIS : Oh, beaucoup de choses… Tu ne peux même pas l’imaginer.
JE : Bon… Dis-moi.
JE SUIS : Non, dis-moi d’abord. Comment te sens-tu ?
JE : Pf… Je me sens étrange, épuisé… Tout le temps somnolent, avec une mélancolie étrange et la sensation, étrangement, d’être chaque jour plus seul et à l’écart de tout le monde.
JE SUIS : Les choses changent et elles demandent que l’extérieur soit modifié afin que tu puisses trouver ta place. Si tu ne déplaces pas l’environnement, si tu ne le réorganises pas et qu’il reste identique, alors tu ne trouveras jamais ta forme, et tu prendras la forme déterminée par l’environnement.
JE : Comme l’eau qui prend la forme de son contenant ?
JE SUIS : Ou peut-être que ce serait plus compréhensible avec la pomme de terre. Dans la terre, la pomme de terre peut s’étendre, grandir et déplacer la terre en se frayant un chemin pour prendre sa forme ; mais si tu fais pousser une pomme de terre dans un petit contenant, comme un bocal, alors la forme du bocal conditionnera les limites et la forme de la pomme de terre, qui cessera d’être elle-même pour devenir le reflet de son environnement.
JE : Oh, je comprends…
JE SUIS : Pour faire le pas suivant, tu as besoin de te retirer de ton environnement, et ainsi, les conditions sont données pour qu’il en soit ainsi.
JE : Mais c’est laid, horrible…
JE SUIS : Tu n’obtiendras jamais une grande transformation de l’inconscient de manière linéaire et programmée. Comment fais-tu sortir ce que tu ne sais pas que tu portes à l’intérieur ? C’est par la pression extérieure que tu libères ce qui est caché. Et cela fait mal, cela génère un traumatisme, c’est comme un accouchement où il y a une séparation. Comme une mère qui ressent la pression d’un enfant qu’elle ne connaît pas, qui pousse pour naître, et qui, dans l’accouchement, sent qu’elle perd une partie d’elle-même.
JE : La dépression post-partum.
JE SUIS : Exactement. Il y a là des sentiments mêlés, une joie pour le début d’une nouvelle vie, en même temps que le sentiment d’un vide dû à une perte intérieure. Au moment même où l’on célèbre une naissance, le deuil d’une mort a lieu. Et toi, tu es tellement attaché à cet utérus que seule la pression est capable de libérer ce qui est caché dans ton inconscient. Comme chaque humain, tu es immergé dans le moment de tension de la naissance, et c’est quelque chose que tu dois faire seul. Le moment de la transcendance.
JE : Mais… je n’aime pas aller mal, loin des gens que j’aime…
JE SUIS : Parfois, la beauté d’un paysage ne peut être appréciée que de loin.
JE : Je comprends… Même si cela fait mal.
JE SUIS : « Même si » ? Non. Cela fait mal. Accepte-le simplement. Cela fait mal. Ça fait chier. Cela donne de la rage, de la colère. Admets que tu es en colère.
JE : Je le suis… La colère est la seule chose qui me maintient hors de la dépression.
JE SUIS : Parce que c’est une force intérieure qui essaie de sortir des profondeurs, qui pousse pour se frayer un chemin face à la pression de l’environnement. Mais tu dois admettre que la pression ne s’exerce pas depuis l’extérieur.
JE : Non ?
JE SUIS : Bien sûr que non. La raison pour laquelle tu ressens de la pression dans ton environnement, c’est parce que tu grandis. Si la pomme de terre ne grandissait jamais, elle ne sentirait jamais la pression de la terre autour d’elle… Mais parce qu’elle s’étend, ce qui auparavant ne faisait que l’abriter, maintenant la presse, et cela fait mal. C’est naturel. Ce n’est la faute de personne, ni la tienne parce que tu t’étends, ni celle de la terre parce qu’elle te retient. C’est une réaction naturelle.
JE : Alors je suis censé rester détaché face à ce qui me fait mal ?
JE SUIS : Pas exactement ainsi. Tu dois y faire face, mais d’abord tu dois prendre du recul pour contempler l’ensemble. Le paysage. Tu as semé de très grandes choses, et le terrain est trop vaste pour être cultivé avec les outils dont tu disposes. Tu dois regarder plus loin, voir depuis un autre point de vue. Repenser la culture, les méthodes.
JE : Je sens que ce mois-ci je me suis retiré, comme si j’avais été plus distant que jamais avec tout le monde…
JE SUIS : Tu dois te garder, te préserver…
JE : Mais je ne veux pas arriver au pôle Nord comme ça… Je devrais arriver en paix, dans la joie… La plénitude.
JE SUIS : Des attentes. Toutes ces attentes sur le comment. Qui t’a dit que tu devais y arriver heureux, comme si tout en dépendait ?
JE : Personne…
JE SUIS : Cesse de penser à la manière dont les choses devraient être et accepte-les telles qu’elles sont, afin d’arrêter de contrôler ton destin, et de l’accomplir une bonne fois pour toutes. Lâche les attentes, les croyances. Laisse-toi mourir. Construis la tombe qui est la tienne.
JE : Tombe ?
JE SUIS : Hier tu as honoré tes morts, tu as reconnu les racines pour leurs actions ; maintenant, tu dois contempler les tombes et construire la tienne afin de donner des nutriments à ceux qui naîtront de toi. C’est pourquoi tout ce processus te conduit à un deuil incessant.
JE : Ma propre mort… Je construis ma propre tombe.
JE SUIS : Oh oui. Tu creuses ta tombe, afin qu’ils puissent reconnaître ta tombe. Lorsque la pomme de terre s’élargit, elle gonfle, elle soulève la terre qui la presse, laissant une petite colline semblable à une tombe. Le mot tombe vient du grec « tymbos », qui signifie monticule, une colline de terre qui, dans l’Antiquité, marquait la présence d’un mort. Le mot latin pour cela était « tumulus », issu du verbe « tumere », qui signifie « gonfler », quelque chose venant de l’indo-européen « teuë » — gonflé —, qui a donné en latin le terme « tüuer », puis « tuber ». En latin, un « petit gonflement » se dit « tuberculus » — tubercule.
JE : Oh… les tubercules. Pomme de terre, carotte, betterave, radis, manioc, gingembre, navet, patate douce…
JE SUIS : Un tubercule est une protubérance racinaire qui s’élargit afin d’accumuler des réserves de minéraux, d’eau, de sucres, de sels, certains connus sous le nom de glucides et d’amidon, en cas de manque ou de sécheresse. Ils commencent à gonfler jusqu’à occuper des espaces proéminents, qui soulèvent le sol. Parfois, le tubercule est la racine elle-même, comme dans le cas de la carotte ; dans d’autres cas, ce sont des formations latérales au-delà des racines, comme dans le cas de la pomme de terre et de la patate douce. Certains arbres possèdent des tubercules, qui sont des formations de type nodal s’étendant dans le sol et devenant des pousses potentielles pour de nouveaux arbres. Les tubercules élèvent le sol lorsqu’ils gonflent, et rappelaient ainsi aux anciens l’idée des tombes de leurs morts, comme si chaque pomme de terre était un sarcophage.
JE : Beurk… Vu comme ça, maintenant, j’ai un peu moins envie d’en manger.
JE SUIS : D’une certaine manière, nous dévorons tous nos morts à travers les émotions et les actions de nos vies. Ils nourrissent la sève, ils poussent les feuilles et les fleurs à croître.
JE : La mort donne la vie…
JE SUIS : C’est pourquoi il est nécessaire de mourir, de se laisser mourir, afin de naître, et ainsi de vivre. En termes conceptuels, cela implique de laisser mourir une partie de soi, de faire le deuil, de reconnaître la douleur de perdre ce que l’on aime, et ainsi de comprendre ce qui se trouve au-dessus de tout ce qui a été vécu, au-dessus de chaque expérience.
JE : C’est-à-dire qu’en expérimentant la mort dans la vie, nous pouvons reconnaître ce que nous valorisons vraiment dans ce que nous avons, et convertir tout le reste en compost…
JE SUIS : Cela concerne chacune des relations que nous avons. C’est pourquoi tu dois te laisser mourir. C’est pourquoi, durant les semaines les plus importantes de cette année, tu disparaîtras, afin que chacun puisse faire son deuil, capable de régénérer l’idée de lui-même sur ce chemin de vie. Et en faisant cela, ce qui reste enterré deviendra les nutriments de ton expansion. Chacun des tubercules cachés dans ton passé, ceux qui sont enfouis, représente une information dormante dans ton inconscient, qui détermine la direction dans laquelle tu avances, des aspects qui te dépassent et qui dessinent ce que tu vois de toi-même. Dans les tubercules, tu trouves la force de t’élever. Maintenant, chaque expérience de douleur, chaque situation inorganique est réservée et accumulée dans ces tubercules, si bien que les tubercules deviennent parfois des kystes, des tumeurs, lorsqu’ils n’ont pas d’usage concret, pas de but.
JE : Tuberculose…
JE SUIS : Maladie pulmonaire causée par un bacille — une bactérie — qui infecte les zones respiratoires et se propage à d’autres organes en créant des nodules qui entravent la respiration, provoquant toux, fièvre et apparition de tubercules à partir de tissus internes qui empêchent le bon fonctionnement du corps. Le corps permet l’installation de cette bactérie en résonnant avec la colère qu’il porte en lui-même, parce qu’il ne ressent pas de joie dans sa vie. Tu as le sentiment d’être oublié, abandonné, tu veux garder pour toi les personnes que tu aimes. Il se peut que son égoïsme le conduise à être jaloux de ce que les autres ont et qu’il se sente « victimisé », avec du ressentiment envers le reste du monde, cherchant à se venger de lui, ce qui est lié au sentiment de perte de territoire, d’invasion de celui-ci… Ressens-tu cela ?
JE : Oui… Ce sont des émotions que je ressens…
JE SUIS : De vieilles histoires venant de tes ancêtres. Des parents qui ont trompé leurs enfants, ton grand-père mentant au sujet de la maison, disant qu’elle était à toi alors qu’elle ne l’était pas. Ton père lui mentant à propos de son héritage. Ton arrière-arrière-grand-père trompant son fils. Une rage contenue à propos d’un territoire envahi, d’une maison appropriée. Victime de ce que les autres possèdent et que tu n’as pas.
JE : Oh… Je vois…
JE SUIS : Les tubercules accumulent émotions, histoires, traumatismes ; ils deviennent des boules qui continuent de s’accumuler génération après génération, faisant que les morts pèsent plus lourd que les vivants.
JE : Mais à un moment donné, nous aussi, nous accumulons…
JE SUIS : C’est exact. Le besoin personnel dans ton présent recrée ces situations et continue d’accumuler, créant de nouveaux nodules.
JE : Comment passe-t-on du fait que les tubercules soient quelque chose de négatif pour le développement, au fait qu’ils en fassent partie ?
JE SUIS : En ayant recours aux potentiels qu’ils cachent. Et pour cela, nous devrons avoir recours aux tubercules les plus célèbres de l’Arbre de Vie.
JE : Lesquels ?
JE SUIS : Les Sephiroth. Dans la Kabbale hébraïque, 10 principes divins sont dessinés comme des nœuds ou tubercules de l’arbre de la sagesse universelle, qu’ils appellent Sephiroth. En intégrant les potentiels de ces Sefirot, tu peux obtenir les nutriments des tubercules.
JE : Je pensais qu’elles représentaient les mondes et les dimensions de la conscience, comme les différents royaumes des cieux.
JE SUIS : Comme dans de nombreuses religions, les cieux sont divisés en différents états, et à travers eux, leurs habitants offrent des dons aux vivants. Cependant, ces histoires ne sont que des analogies pour décrire un chemin psychologique. Nous pouvons utiliser deux des grands arbres de l’existence, dont les mondes possèdent les tubercules comme outils d’illumination.
JE : Dans la culture hébraïque, je suppose que ce sont les Sephiroth, et dans la culture nordique, je suppose que c’est Yggdrasil.
JE SUIS : Si nous prenons Yggdrasil, nous verrons que ce grand arbre est divisé en 9 Royaumes. Depuis ses racines les plus sombres : Niflheim — le foyer de l’obscurité et de la terreur —, Helheim — le foyer des morts —, Svartalfaheim — le foyer des elfes sombres et des nains —, Jötunheim — le foyer des géants —, Midgard — le foyer des humains —, Vanaheim — le foyer des élémentaux et des dieux de la nature —, Alfheim — le foyer des elfes de lumière —, Asgard — le foyer des dieux — et Muspelheim — le foyer primordial du feu. Et à partir de cela, nous pourrions ajouter un dixième appelé Ginnungagap — le foyer du vide, d’où toutes les choses émergent. Cet arbre contient 24 fruits répartis à travers les royaumes, et un de plus venant de Ginnungagap, représentant le vide lui-même et toute possibilité. Les 24 fruits ou tubercules qui accumulent à la fois le positif et le négatif, utiles au développement de l’arbre, sont appelés « runes ».
JE : Oh… Les runes sont des potentiels…
JE SUIS : Elles sont souvent vues comme des outils de divination, mais en réalité, ce sont des attributs à éveiller en soi. La rune Fehu symbolise la prospérité, le potentiel entrepreneurial, mais aussi la manière de réfléchir. La rune Jera est la récompense du travail, le commencement de nouvelles choses, ainsi que les difficultés dans la tâche. La rune Wunjo est le renouvellement intérieur, l’évolution en soi, la célébration de la vie, bien qu’elle représente aussi les maladies et la recherche de solutions aux situations qui nous arrêtent. La rune Mannaz parle de décisions, de conviction, mais aussi de lutte personnelle. La rune Naudhiz nous rappelle que rien n’est parfait ; elle est la reconnaissance des échecs et de la persévérance pour continuer à avancer. La rune Kano est l’avancée correcte, la sécurité pour marcher, qui nous invite à quitter les attachements et les structures qui nous retiennent. La rune Hagalaz est la transformation ; elle nous rappelle l’importance du changement et nous montre nos résistances. La rune Berkana est la stabilité, la famille, le foyer, l’amour, et en même temps elle nous rappelle que, pour le conserver, nous ne devons pas nous y accrocher. La rune Tyr parle d’action, du fait de se tenir ferme dans la vie, et elle nous rappelle aussi d’être attentifs à tout ce que nous lançons, d’être prudents. La rune Isa est la fermeté, la confiance en soi ; elle nous rappelle donc d’être fermes dans notre axe face aux circonstances adverses. La rune Gebo est la rune des relations, de l’amour, du dévouement à l’autre. La rune Raidho est le voyage, le retrait, le mouvement, et elle parle de prendre distance avec les choses pour analyser avant d’agir. La rune Thurizaz est un nouveau commencement, la fin d’un cycle et le début d’un autre, mais elle nous rappelle de garder les pieds sur terre, d’être réalistes et d’avoir du courage. La rune Ehwaz est l’élan qui nous conduit à affronter l’adversité tout en maintenant le respect, car elle nous rappelle que, malgré les changements inattendus, tout a toujours un but. La rune Ansuz parle de créativité et de la capacité à faire confiance à ce que tu es capable de faire, en nous rappelant que, malgré cette confiance, nous ne devons pas nous tromper nous-mêmes. La rune Perdhro est prospérité, bon présage, mais elle nous rappelle qu’il est nécessaire de dépasser les sentiments d’insatisfaction. Être sincère. La rune Dagaz parle d’intégration, de liberté et de maturité, afin de soutenir le focus sur les choses que nous cherchons à accomplir. La rune Eihwaz est la solidité, l’équilibre nécessaire pour obtenir chaque résultat attendu. La rune Algiz nous rappelle l’importance de dire non, de poser des limites. La rune Othila parle d’agir différemment, de chercher de nouvelles formes, de nouvelles manières ; elle invite à la flexibilité. La rune Sowelo est la volonté, la capacité de manifester, la grande énergie créatrice. La rune Laguz est la satisfaction, l’axe avec soi-même et avec l’environnement ; elle est la sécurité en soi, mais elle nous rappelle qu’il est parfois nécessaire d’être ouvert à recevoir des conseils. La rune Inguz nous lance dans la réalisation de nouveaux projets ; elle parle de gestation, d’un nouvel ordre dans la vie, cherchant l’unité. La rune Uruz est la capacité créatrice et la sexualité, la capacité à amener l’esprit dans la matière, et pour cela elle nous rappelle de trouver un équilibre dans cette énergie vitale. Et comme je l’ai dit, le numéro 25, ou rune 0, est celle de Wotan-Odin, le commencement et la fin, l’acceptation des choses telles qu’elles sont, sans attentes. Tout est tel qu’il est.
JE : Ce sont des enseignements et des outils pour traverser l’arbre.
JE SUIS : Chacun de ces 10 Royaumes d’Yggdrasil nous conduit à comprendre la nécessité des lieux les plus sombres jusqu’aux plus lumineux de notre inconscient, qui guident qui nous sommes, et qui, en les utilisant avec acuité, nous permettent d’être maîtres de nos destinées.
JE : Et qu’en est-il des Sephiroth ?
JE SUIS : Ah… Nous y voilà. Les 10 Royaumes de l’Arbre hébraïque sont Kether, Chochmah, Binah, Chesed, Geburah, Tiferet, Netsach, Hod, Yesod et Malkhut. Et leurs fruits sont les 22 lettres de l’alphabet hébreu.
JE : Que signifient ces tubercules ?
JE SUIS : Kether signifie Couronne, pur potentiel duquel toutes les choses émanent. Commencement de la création, première volonté de l’existence, potentiel de l’être. Jochma signifie Sagesse, donc le commencement de l’esprit, de l’idée, de la pensée. C’est l’intuition qui donne les capacités artistiques. Binah est la Compréhension, donc la connaissance et la raison, celle qui structure et délimite les parties de la sagesse créatrice. Chessed est la Miséricorde, liée à l’inconditionnalité, à la compassion, à la bonté d’être au service depuis le cœur. Geburah est le Pouvoir, l’Héroïsme. Elle représente la force, le jugement, le discernement. Tiferet est la Beauté, l’ordre des choses, l’énergie divine manifestée dans les mondes ; elle est l’unité et l’équilibre entre les forces compatissantes de Chesed et la sévérité de Geburah, féminin et masculin en un. Netsach est la Victoire, liée aux sentiments et aux émotions, à la sensibilité. Hod est la Splendeur, liée à la majesté et à la louange. Yesod est le Fondement, qui détermine les lois, les principes, les bases sur lesquelles les mondes sont manifestés. Et enfin, Malkhut est le Royaume, où tous les attributs de l’arbre sont testés, intégrés, manifestés dans l’expérience de celui qui règne sur sa propre vie.
JE : Et l’idée est de pouvoir intégrer les nutriments accumulés par ces tubercules, pour les faire émerger sous forme de ces attributs.
JE SUIS : Et leurs outils seront les vérités qui émergent de toi, depuis l’inconscient qui détient le pouvoir caché dans ses réceptacles. Ainsi tu pourras activer ses fruits. Aleph, le Maître Universel, est la méditation et le voyage dans le monde intérieur où le divin et l’humain s’unissent. Beith, la Demeure Éternelle, où la sensibilité de l’âme est enveloppée par un corps qui nous invite à nous étendre pour vivre depuis la contemplation intérieure. Guimel, le Berger, qui parcourt le monde et choisit son destin entre le bien et le mal, pour être flexible dans l’expérience. Daleth, la Grande Porte, le retour à l’essence au-delà de l’ego, invite à l’humilité. Hei, Souffle de Vie, est l’expression, la créativité, la manifestation depuis le verbe divin vers la matière. Vav, le Médiateur Divin, qui veille sur l’unité et la connexion entre toutes choses, ciel et terre, féminin et masculin, matière et esprit. Zayin, l’Action de Grâce, est la libération de tous les attachements du passé qui nous lient, afin de laisser l’âme s’étendre. Jeth, Force Motivatrice, impulse le changement, la transformation, conduit vers l’énergie revitalisante. Tet, Pouvoir Profond, est la révision et la réflexion sur les actions, la méditation qui donne un nouveau sens. Yod, la Main de Dieu, est le pouvoir de l’infini qui habite toutes choses. Kaf, le Corps de Résurrection, est l’énergie qui nous conduit à l’action, passant du spirituel au physique, la manifestation divine. Lamed, Parole d’Amour, le pouvoir du cœur qui montre la beauté de la vie, qui inspire l’existence. Mem, la Grande Mère, la tisseuse de toutes les réalités, avec un amour inconditionnel infini qui unit toutes choses, source de sagesse. Nun, Gardien de l’Œuvre, impulse la croissance en démasquant l’ego, conduisant à la tempérance de l’être. Samej, le Bouclier de Lumière, est l’infini, le perpétuel, la confiance et le refuge en soi-même. Ayin, l’Œil de Dieu, est la providence, la vision infinie, la contemplation spirituelle. Pei, la Parole Créatrice, le don de la communication, de la vibration devenant matière. Tzade, l’Androgyne, est l’égalité, l’unité des forces en équilibre. Qof, Soleil de Minuit, omniprésence, la capacité à trouver la lumière dans la plus sombre des ombres. Reish, Richesse du Cœur, est la purification de tous les schémas mentaux, libérant le potentiel de l’âme. Shin, Feu Divin, est la transmutation et l’équilibre entre les forces de l’immuable, du potentiel et du changeant. Tav, Étoile de Vérité, le discernement qui pousse à trouver le juste chemin d’évolution.
JE : Tous ces potentiels de moi-même se trouvent accumulés dans les tubercules de mon histoire…
JE SUIS : Et pour les trouver, tu dois te laisser mourir, être absorbé par eux afin de redécouvrir ces potentiels en toi. Car en toi vivent ces forces, que tu as construites tout au long de chaque semaine de 10 jours cette année. A, Ä, E, I, Ï, Y, O, U, Ü et H… Couronne, Troisième Œil, Laryngé, Cœur, Plexus, Sacrum, Racine, Genoux, Chevilles et Toroïde, ainsi que toutes les données que chacun des thèmes abordés en leurs jours correspondants porte, sont les nutriments que tu as accumulés dans ces dix tubercules, comme réserves pour nourrir ton être à travers chaque processus que tu accomplis dans ta vie. Pour maintenir ton Arbre de Vie vivant.
JE : Chaque pas… Chaque histoire… Vibre en moi.
JE SUIS : Et tu peux y avoir recours chaque fois que tu sens que tu meurs, afin d’en extraire les nutriments qui t’élèvent. Connais-les, et lorsque le moment viendra, tu sauras comment les utiliser et à quoi les utiliser.
JE : Chacun de ces royaumes, chacune de ces lettres, représente quelqu’un dans ma vie.
JE SUIS : C’est exact… Chaque individu de l’histoire, passé comme présent, est le reflet de ces royaumes, foyers et potentiels, de ces outils, et ils contiennent en eux ce dont tu as besoin. Parfois, ils ont accumulé des choses qui te nuisent, mais en connaissant leur place et leur potentiel, tu peux inverser leur contenu. Reconnais-les simplement, prends conscience qu’ils nourrissent ton existence, et tu apprendras à savoir quoi prendre d’eux à chaque instant.
JE : Je me laisse maintenant mourir sous la terre… Épuisé de tout cela, ouvert à me nourrir de ce que mes morts peuvent donner à mon vivant, et à construire un nouvel Arbre.
JE SUIS : Élargie par les liens de l’Histoire, une Forêt pleine de Futur grandira.