Depuis ce trône, nous observons un phénomène biologique extraordinaire : des organismes marins capables de prélever une quantité infime de Vanadium dans l’océan et de le concentrer à l’intérieur de cellules et de compartiments spécifiques.
Comment le Vanadium s’exprime-t-il ?
Certaines ascidies, des animaux marins également appelés tuniciers, accumulent le Vanadium dans des cellules spécialisées nommées vanadocytes. Chez certaines espèces, la concentration intracellulaire peut atteindre des valeurs environ dix millions de fois supérieures à celle présente dans l’eau de mer. Le Vanadium, qui pénètre dans l’organisme à l’état d’oxydation +5, est d’abord réduit à l’état +4, puis à l’état +3, avant d’être stocké dans des vacuoles cellulaires très acides.
Ce processus nécessite une sélection, un transport, une réduction chimique et un confinement. L’organisme ne laisse pas simplement la particule se répartir dans tous ses tissus : il met en place des mécanismes capables de la rassembler et de la maintenir dans des compartiments spécifiques. La fonction biologique exacte de cette accumulation extraordinaire n’est pas encore entièrement élucidée.
Que nous révèle-t-il ?
Observé depuis le trône du Cancer, le Vanadium révèle que contenir ne signifie pas conserver quelque chose exactement tel qu’il a été reçu. Pour pouvoir accueillir une matière à l’intérieur, il peut être nécessaire de la transformer au préalable.
Excalibur calibre la particule numéro 23 afin de reconnaître que toute véritable intériorisation comporte plusieurs étapes. Sélectionner, transporter, transformer et conserver sont des mouvements différents. Le Vanadium enseigne que ce qui pénètre profondément dans un système doit trouver un état compatible avec l’espace qui va l’accueillir.
Comment l’intégrons-nous ?
Au centre de la Table Ronde, la bougie reste allumée. Elle ne représente ni le Vanadium ni le trône qui l’observe : elle maintient visible le point immobile à partir duquel toutes les perspectives peuvent se rejoindre sans se confondre.
Observe la flamme jusqu’à reconnaître en elle cet espace intérieur où une matière peut être transformée avant d’être conservée.